Je marche dans les pas de mon père


Je-marche-dans-les-pas-de-mon-père

La vie de couple d’Angèle et René est très conflictuelle : après une rencontre coup de foudre et une courte période idyllique, voilà 20 ans que leur quotidien n’est fait que de disputes et d’incompréhension. Mais ni l’un ni l’autre ne peut prendre la décision d’une vrai rupture.

 

Pour compliquer encore la situation, comme d’autres « font un enfant » pour essayer de « recoller les morceaux », Angèle et René ont crée une entreprise et passent l’essentiel de leurs temps à travailler ensemble,  nouvelle source de conflits, bien sûr…

Pour comprendre comment deux personnes sensées qui ne rêvent l’une et l’autre que de relation harmonieuse, peuvent continuer depuis tant d’années cette relation aussi impossible à vivre qu’à rompre, je vous propose d’explorer l’histoire de leurs familles.

Histoire d’Angèle :

La mère d’Angèle s’appelle Angéline ;  curieuse répétition pour nous mettre sur la piste d’histoires d’anges, c’est fire d’enfants qui sont restées des anges, qui ne sont pas incarnés pour cause d’avortement (les »faiseuses d’anges » des avortements clandestins), de fausses couches ou de morts à la naissance ; hypothèse confirmée par la date de naissance d’Angèle : elle est née le 1er Novembre, à la Toussaint, le « jour des morts » !!

Angeline est née après un garçon mort-né, Angéle après un avortement d’un enfant conçu avant le mariage. Angeline a sacrifié sa carrière de chimiste pour élever sa fille et quand Angèle est arrivée 1ère sur 900 à un concours de chimie, sa mère l’a empêchée de faire ses études de médecine, sous prétexte d’un manque d’argent ! Pas question pour elle que sa fille réussisse la brillante carrière qu’elle-même n’a pas pu réaliser…

Depuis sa plus tendre enfance, sans rien savoir consciemment de l’histoire de la famille, Angèle a toujours dit qu’elle aurait un jour un fils qui s’appellerait René (Re-né : celui qui est né une deuxième fois, chargé par l’inconscient familial de remplacer un enfant qui n’a pas vécu) En fait elle épousera Léon Reney et son fils s’appelle Michel Reney (René quand même et Michel : un ange ou plûtot un archange) !

Plus tard, après son divorce, elle rencontre… René, attirés l’un par l’autre comme par un aimant. Pas étonnant : René est né le 1er Août, sa date de conception se situe donc aux alentours de la Toussaint et correspond à la date de naissance d’Angèle. René est lui aussi un (gisant), un enfant de remplacement d’un précédent René.

Histoire de Renè :

Sa mère Marguerite est née à la même date qu’Angéline : elle est donc sa « jumelle symbolique ». et Angèle a revécu avec sa belle-mère les mêmes problèmes de pouvoir et de manipulation qu’avec sa propre mère.

Marguerite a eu, d’un premier mariage, un fils prénommé René et mort à 2 ans ; par le prénom (Re-né) et par le thème, on peut supposer qu’il s’agissait d’une histoire répétée sur plusieurs générations… Et c’est en organisant les obsèques de ce premier enfant que Marguerite a rencontré Pierre, le père de notre René. Pierre, toujours célibataire à 44 ans, vivait alors entre Papa et Maman dans leur magasin…d’articles funéraires !!

Tant de similitude entre les deux histoires permet de comprendre l’attirance compulsive de ces deux êtres, malgré leur désir de vivre une relation plus paisible, leurs inconscients se sentant en terrain connu dans ces problématiques similaires. Mêmes mères abusives, dévalorisantes et manipulatrices ; même modèle de relation de « gisant » symbolique par leur date de naissance est très attractive (on se reconnaît, on se complète) mais aussi terriblement problématique, comme une forme d’inceste symbolique.

Aujourd’hui, René a encore des difficultés à s’autoriser à réussir socialement, malgré une forte ambition et beaucoup d’application et de ténacité. Car il ne s’autorise pas encore à couper le lien avec son histoire familiale. Pire : il l’entretient. Il vit toujours dans l’appartement que ses parents ont habité toute leur vie, il dort dans leur lit… Pourquoi en changerait-il puisque c’est un beau meuble ? Il marche dans les chaussures de son père ! Pourquoi en changerait-il puisqu’elles sont de très bonne qualité, classiques, et indémodables ?

La solution ? Un travail de conscience pour couper les fils de la marionnette, pour se débarrasser de la charge transmise par l’inconscient familial. S’autoriser à être infidèle aux mémoires inconscientes d’histoires passées de sa famille pour écrire sa propre histoire.

→Histoire Vécues